Les enfants et moi avons réalisé, dès les premiers jours de la rentrée scolaire, un grand
cahier (24 X 32 cm) avec de grandes feuilles blanches.
Nous avons baptisé ce cahier le "dico-sons".
Le fonctionnement de ce cahier de classe repose sur un système de double-page.
Sur chaque page de gauche, nous collons une feuille (format A4) qui sert de "carte d'identité" de la lettre sur laquelle nous travaillons.
Découvrir une nouvelle lettre, c'est connaître son nom et sa place dans l'alphabet, mais aussi sa graphie et le son qu'elle fait quand on la lit.
Ainsi chaque page de gauche repose sur la même matrice de présentation.
Pour commencer, la place de la lettre dans l'alphabet est indiquée dans un cercle.
Ensuite, un "oeil" montre les 4 graphies principales de
la lettre (dans l'ordre : capitales d'imprimerie, scripte et cursive (majuscule, puis minuscule)).
Enfin, une "oreille" indique le(s) son(s) "que
fait la lettre en général" (telle est la formule orale que j'utilise en classe avec les enfants) et le(s) symbole(s) phonétique(s) qui est (sont) associé(s) à
ce(s) son(s).
Deux mots illustrés, dont l'écriture commence par (ou contient) la lettre étudiée et le(s) son(s) évoqué(s) concluent cette 1ère page.
Une fois la page de gauche présentée aux enfants, nous cherchons ensemble des noms d'objets, d'animaux, de vêtements, ... dans lesquels on entend
le(s) sons(s) de la page concernée.
Puis nous cherchons (collectivement ou en petits groupes) et collons sur la page de droite des mots
illustrés (prélevés dans le classeur d'images "L'imagerie" de "La
classe") qui s'écrivent avec la lettre apprise et dans lesquels on entend le(s)
son(s) qu'elle fait "le plus souvent".
Les enfants découvrent rapidement qu'un même mot peut voir son illustration répertoriée dans différentes pages (ex : "tortue", page du
"t", mais aussi du "u").
Il est important que cette activité ne soit pas proposée comme un apprentissage systématique mais plutôt comme un jeu ou une enquête policière. C'est
pourquoi je ne la propose pas à la classe de façon réglée, mais occasionnelle (une lettre par semaine environ).
Le "dico-sons" est accessible à tous, à l'accueil, au coin bibliothèque. Il est essentiel
qu'il suscite des échanges et même des interrogations.
Le "dico-sons" peut également être donné à un élève le soir afin qu'il le présente à ses parents et qu'il ramène de chez lui telle ou telle photo qu'il a
trouvée. Il expliquera alors son choix au reste du groupe-classe, et ces derniers avaliseront ou pas sa proposition.
Certaines lettres "changent parfois de sons". Les concernant, je crois qu'il est important de dire aux enfants qu'effectivement, certaines lettres qui, habituellement, font tel ou tel son changent de son lorqu'elles donnent la main à telle ou
telle autre lettre (ex : "o" et "u", lorsqu'elles se donnent la main, font un nouveau son), mais qu'ils l'apprendront l'année
prochaine, lorsqu'ils entreront au CP.
En donnant cette seule explication, l'enfant sait qu'il apprendra et que ses futurs enseignants vont lui donner tous les outils du
mécano (même s'il n'en a pas encore conscience).
Après seulement trois mois d'utilisation, le "dico-sons" m'apparaît aujourd'hui comme un outil indispensable pour travailler avec les enfants la relation
grapho-phonémique.
Et quel plaisir de les voir se saisir de ce cahier dès leur entrée en classe à l'accueil du matin (ou après un atelier) pour se rappeler les graphies et le son d'une lettre, et les voir s'essayer à écrire cette lettre dans telle ou
telle graphie !
Un vrai régal !
Cet outil étant désormais présenté, je vous propose maintenant les cartes d'identité que j'ai réalisées pour mon premier dico-sons.
Toute remarque ou critique (positive, comme négative !) sont évidemment les bienvenues pour
parfaire l'utilisation ou la présentation de cet outil.
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